Posté le 02.09.2007 par Flowen
Ce jour allait clairement être celui des retrouvailles, moment privilégié pour une introspection profonde et sans appel sur tout ce temps passé loin des miens et loin de mes souvenirs. « C’était il y a dix ans ! ». Le voyage jusqu’au petit village délicatement posé contre les Pyrénées fut pour moi l’occasion de prendre conscience de la durée que cela peut effectivement représenter… dix longues années et tant de souvenirs. Allais je reconnaître tous ces visages qui m’étaient familiers ? Allait on simplement me reconnaître moi ? J’avais hâte, je trépignais d’impatience le regard fixant les montagnes, les vignobles et les terres catalanes.
Après s’être « perdus » à deux reprises, car finalement des vacances sans s’égarer sur quelques mauvaises routes ne sont pas de vraies vacances, nous arrivâmes à la maison nouvellement bâtie d’une personne dont je ne me souvenais que le nom et la situation dans la famille. La personne en question était de surcroît grand-mère depuis très exactement deux ans, et le retour de l’enfant prodigue sur des terres qu’il avait abandonné dix ans auparavant allait donc être, pour mon plus grand bonheur, occulté par l’anniversaire, que j’espérais par ailleurs plus joyeux, de la petite-fille de deux ans.
La surprise fut tout de même au rendez vous comme espéré. Chacun était méconnaissable, moi également par ailleurs, ou plutôt devrais je dire chacune car la maison était en ce jour remplie de femmes à l’exception de moi, de mon grand-père et de mon grand-oncle dont je gardais un souvenir très exact, les gens changent moins, semble t il, après un certain âge… Le repas, ponctués de délicieuses spécialités du pays, fut l’occasion pour moi d’observer cette famille restée longtemps inaccessible. Je demeurai en effet silencieux, répondant parfois à une question banale qui portait sur mes études, mon travail, mon logement… Mes réponses étaient toujours concises, je ne m’étendais pas. Je n’étais plus, c’est certain, le petit enfant frêle et bavard qui embêtait ses cousines plus âgées pour avoir un peu d’attention.
Ma marraine n’avait pas changé à mes yeux, elle gardait son côté enjoué, maladroite et quasi exubérante qui fait que tout le monde l’apprécie et lui sourit sans mal. Ma grand-tante et mon grand-oncle restaient eux aussi conformes à mes souvenirs, toujours prêts à plaisanter, ou à dégainer une petite blague. Aussi nous passâmes tous un excellent moment, mélange de souvenirs et de prise de nouvelles pour s’enquérir de ce que chacun est devenu, riant souvent de quelques anecdotes récentes.
Je fus bien plus étonné par le parcours chaotique de mes cousines. La plus âgée dormait profondément de l’autre côté de la planète après s’être mariée à un militaire. La plus jeune déménageait dans trois jours pour s’installer avec un homme qu’elle connaissait depuis un mois avec l’insouciance que je lui ai toujours connu. Et puis il y avait la jeune maman, désinvolte et désespérément seule qui ne s’assume pas pour un sou mais qui pour rien au monde ne bénirait sa mère qui prend soin de la petite fille qui fêtait innocemment ce jour là ses deux ans. Nous avions tous tellement changé… et pourtant autour de cette table, parmi les rires et parfois quelques bougonnements de mécontentement des plus jeunes, je ressentais comme nous étions profondément, chacun d’entre nous, restés fidèles à nous même. Les gens ne changent pas, déclarent souvent les plus pessimiste… et si c’était vrai ?
Bien plus que par le devenir de la décadente famille catalane, je fus surpris de ma propre métamorphose… j’étais devenu un homme depuis ma dernière rencontre avec cette famille, et je le ressentais dans chaque regard et chaque phrase qui m’étaient adressés. On me fit remarquer que je faisais plus que mon âge et que dix ans plus tard, j’étais étonnement le plus grand à cette table… Ma métamorphose était bien plus récente et rapide que mon absence le laissait entendre. Je l’ai compris ce jour là, ma famille était un miroir. « Regarde toi ! me disait on, comme tu as grandi ! Comme tu as l’air sérieux et adulte ! Où est notre petit enfant ? Où est notre petit cousin ? »
Devant vous… devant vous tous. Mais maintenant, je suis devenu quelqu’un.
Chers lecteurs, par ce récit des courtes vacances que j’ai passé dans le sud de la France, revoir ma famille que j’ai trop longtemps délaissée, je me montre à vous, je vous laisse me découvrir tout comme je me suis découvert. C’est d’une simplicité étonnante de comprendre ce que nous sommes. C’est évident de comparer par quelques photos et avis comme nous avons changé… mais se découvrir est une expérience intérieure puissante, renversante, et un matin, nous nous levons et nous savons. Nous savons ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Et si comprendre le monde, c’était se comprendre d’abord, comprendre comment on s’est construit ? et comment devenir meilleur, comment devenir quelqu’un… « de bien ».
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Posté le 02.09.2007 par Flowen
Nous avons traversé notre terre natale au petit matin, témoins d’une lutte acharnée entre un soleil frêle et une brume épaisse. Nous avons parcouru des kilomètres à le chercher, ce soleil, dans les foules parisiennes qui se pressent dans les couloirs sombres et froids du métro, jusque dans le regard des touristes égarés de la gare de Lyon qui scrutent impatiemment les panneaux d’affichage. Tous attendaient, comme nous alors, leur chance de le voir ce soleil…
La brume nous entourait une bonne partie du voyage. Elle nous serrait, semblait vouloir nous retenir en elle, nous freiner dans notre course aux vacances. Dans la grisaille envahissante, cette froide pâleur dissimulait les paysages aux voyageurs impassibles derrière les fenêtres du train. Les mornes plaines envahies de gris et d’humidité se succédaient devant nos yeux… la verdure apparaissait en couleur jusqu’à peine cinquante mètres après quoi l’infini rideau gris tombait sur le panorama.
Le voyage fut bruyant mais nos âmes silencieuses. Notre train a parcouru la France, plongeant dans les vallées baignées dans le brouillard pour ressortir au détour d’un tunnel sur des plaines verdoyantes contrastées par la pureté de l’azur. Le Soleil semblait avoir enfin vaincu son ennemi fuyant et volatile. C’était comme si nous sortions soudainement de la nuit, à dix heures du matin, en plein mois d’août. Le soleil inondait le wagon de ces rayons, les visages se décrispaient sous la lumière et chacun sentait qu’enfin les vacances arrivaient… ou peut être était ce nous qui allions vers elles…
L’immensité du ciel brillait au dessus de nous d’un bleu uni. Pas un nuage pour troubler les cieux d’août parcourus par quelques oiseaux qui paraissaient nous accompagner parfois sur quelques kilomètres.
A plusieurs centaines de kilomètres par heure, nous avons arpenté notre France adorée, notre histoire, notre Terre, notre identité même. On ne peut éprouver qu’un profond sentiment de patriotisme lorsque l’on parcourt à cette vitesse notre cher pays, notre mère à tous. Vous Marianne, vous France, je vous ai vu par la fenêtre, je vous ai contemplé avec un sourire amoureux. Je vous ai reconnu dans les forêts qui coiffent les collines, dans les montagnes sculptées harmonieusement par une main divine… Je vous ai reconnu, vous à qui nous devons tout, dans chaque maison, chaque petit village posé dans une vallée, dans chaque château, église ou monastère accroché en haut d’une falaise. Traverser un territoire qu’on estime être chez soi, c’est rentrer en nous même pour découvrir ce que nous sommes réellement, ce que nous avons à offrir et ce que nous montrons au monde. France adorée, France chérie, je t’aime comme tu es.
L’arrivée se fut dans la joie bien sûr avec pour moi une émotion particulière. Pour la première fois depuis dix ans, je reposais le pied ici, là où toute une famille et de nombreux souvenirs m’avaient attendu tout ce temps et s’apprêtaient alors avec une hâte partagée à m’accueillir dans leurs bras. Dans son inconstance éternelle, en dix ans, le monde ne change pas autant qu’on veut se le dire. Mais ces dix années de souvenirs allaient revenir vers moi autant que j’allais à leur rencontre…
Posté le 21.08.2007 par Flowen
Chers visiteurs,
Vous avez pu remarquer, tout de moins pour mon petit nombre de fidèles habitués, que ce blog n'est pas mis à jour aussi souvent que je le souhaiterai. Je me permets donc par cette lettre, ce message - oh appelez ça comme vous vous voulez - de revenir quelques instants à la prose qui sait elle aussi, comme les poèmes, chanter et se jouer des mots. Le sujet du jour ? L'inspiration, non pas celle qui gonfle nos poumons et régénère nos cellules d'un air frais et pur, bien que nous y reviendrons peut être, mais bien l'inspiration qui emplit notre âme de son souffle d'idées, qui allume la mèche de l'imagination et qui en quelques secondes déclenche un feu d'artifice de mots, de sens, d'images et de rêves.
Si elle prend une forme différente pour chacun d'entre nous, mon imagination et mon inspiration, mes deux meilleurs outils pour vous convier dans mon monde, naissent toujours de puissants sentiments. Il y a l'Espoir, comme vous avez pu le constater dans mes premiers poèmes, qui brille sans cesse quelque part en moi, même lorsque les nuages sont bas sur mon âme et pèsent sur mon crâne... Il y a l'Amour, un sentiment si particulier, singulier, étrange, insaisissable, mais aussi la Haine, violente et meurtrière, la Colère avec ses hurlements assourdissants, la Peine qui nous embrasse et nous tire dans son gouffre, l'Inquiétude dont le souffle glacial hérisse nos poils et blanchit notre peau, l'énergétique et euphorisante Joie… et bon nombre de leurs amis...
Je n'ai pas de muse. Pour éveiller mon imagination ces sentiments doivent entrer en moi, me pénétrer pleinement, je dois ne sentir qu’eux, partout, ils doivent m’entourer, me serrer contre eux, m’étouffer presque, où que porte mon regard, quoique touchent mes mains, la flamme qui allume mon imagination doit éblouir mes yeux et brûler mes doigts, c’est le seul moyen d’espérer atteindre mon but. Un but ? Quel but ? Vous dîtes vous. Mon inspiration je veux qu’elle vous soit dédiée, dévouée, chers lecteurs. Ces poèmes, ces lettres, ce blog en entier, a été créé pour vous faire ressentir tous ces sentiments, un à un, avec la puissance, l’énergie qui ont guidé mon âme dans ce labyrinthe de mots et de sens pour réussir à les coucher sur le papier et en tirer leur quintessence.
Je veux comprendre, car comprendre est pour moi une passion. Comprendre ce que sont ces sentiments, je veux goûter à leur essence la plus pure et la transmettre. Je veux comprendre comment vous toucher, chacun d’entre vous dans votre anonymat et votre individualité. Mais mon inspiration, le fondement de tout mon travail ici, se joue souvent de moi et me fait défaut parfois. Je ne la comprends pas, mais ce blog me permet petit à petit de la découvrir et d’en distinguer les traits. La leçon du jour est qu’on ne peut pas la dominer, l’inspiration est une main invisible au dessus de nos têtes qui nous saisit et nous projette d’un geste violent où elle le souhaite. Tenter de la contrôler est voué à l’échec. Le prochain poème que je publierai – donnez moi encore un jour ! – est issu de cette perte de contrôle de mon imagination et de mon inspiration, lorsqu’elles se rebellent soudainement pour prendre notre contrôle… J’espère qu’il vous plaira, j’espère que chacun de mes écrits sait vous toucher.
Chers lecteurs, à très bientôt.
« Il n’y a pas d’éternité dans le regard de l’homme, et encore moins dans celui du poète qui regarde l’homme. Car l’artiste est celui qui inspire plutôt que celui est inspiré. »
- André Carpentier
Posté le 15.08.2007 par Flowen
J'aime à m'égarer près du lac, l'œil clos
Au milieu des pétales
Encerclant par milliers tel un anneau
Mon rêve de cristal.
Dans le silence, seul, je te rejoins
Ma perle, mon saphir.
Ma princesse, mon cœur est dans ta main.
Je vis de tes sourires.
Je veux bien mourir, mais contre ta peau.
Oh ! J'aime - est-ce fatal ? -
Ton exotique esprit et ton corps chaud
Qui me plaisent sans mal.
J'élèverai un monde parfait. Viens !
Ne crains pas tes désirs !
Je ne vivrai que pour eux et ton bien.
Viens ! Ici tout est plaisir.
Ne résiste plus ! Libère ton cœur,
C'est la porte du bonheur.
Je t'aime ma reine belle et joueuse,
Et saurai te rendre heureuse.
Flowen
Posté le 15.08.2007 par Flowen
Ces quelques mots sont un portail vers mon royaume.
Accablé mais vivant, j’ai posé chaque pierre,
Mince espoir ou douce folie, voici mon baume
Illuminé de mes incessantes prières.
Le ciel de mon monde s’est déversé dans tes yeux ;
Les océans, figés, y sifflent leurs chants pieux ;
Et la Terre, elle-même, s’élève en ton
Nom,
Reconnaissante, jusqu’aux cieux.
Ahuri mais vivant, j’ai chanté sans raison
Contre vents et marées, j’hurlai avec passion
Couvrant les bruits éternels de mes vieux démons.
Onirique et parfait, viens dans mon univers.
Ma main tendue est la clé sacrée de tes rêves.
Prend là, puisque nous sommes tiens, moi et mes travers.
Amoureux mais vivant, j’ai sucé cette sève
Douce et sucrée de notre fabuleuse nuit...
N’aie crainte ! Dans les ténèbres notre voie luit.
Ensemble, unis, nos cœurs s’émerveilleront…
Rejoins moi, Reine d’Avalon !
Mon cœur s’est levé, sitôt j’ai senti ta main…
Oh et si être vivant, c’était mourir contre tes reins ?
Il n’y a plus rien que je ne puisse t’offrir,
Alors je t’en prie, comble moi de tes sourires.
Flowen
Posté le 13.08.2007 par Flowen
La vie est un éternel recommencement.
Un jour, elle nous sourit, le bonheur nous inonde.
Une nuit, elle nous trahit, et la tristesse gronde.
La vie se joue de nous, pauvres damnés errants.
Le jour nous offre son Soleil étincelant.
Il nous couvre de joie avec ses chaudes ondes
Rayonnant de calme et de paix sur notre monde.
Ce bonheur gratuit lie nos âmes doucement.
Et dans ce saint bien être nous nous endormons,
Peines et Douleurs obscures attaquent à l'unisson !
Nous voilà pleurant, traqués par ces ombres laides,
Aussi sombre que soit la Nuit, l'aube lui succède
Le Soleil s'élève alors plus haut que la veille
Jusqu'au Zénith, et d'un oeil brulant sur nous il veille.
Flowen
Alors qui du Soleil ou de la Nuit êtes vous ?
Posté le 12.08.2007 par Flowen
Le noir, le vide, rien que des ombres qui passent…
J'avance, seul, égaré, dans l'épaisse brume ;
Je ne sais quel chemin je prends, triste amertume
D'avancer aveuglement sans laisser de trace.
L’air froid, supplice oppressant, glace mon sang
S’immisçant du cœur jusqu’au souffle des passants.
Prison à ciel ouvert ou désert de fadeur,
Univers nu où nul animal ne mugit,
C’est cette terre que sillonnait mon esprit.
Puis elle parut, splendide, pleine de ferveur,
Je rencontrai, hébété, ma belle bougie
Qui m’ouvra les yeux devant la vie et ses saveurs.
Sa flamme étincelante dansait dans l’air doux.
Elle se tordait dans de colorés chatoiements,
S’étirait, luisait en intense firmament,
Puis renonçait, flottante, courbe sans à-coups.
Elle est mon guide, ma lumière, mon étoile
Eclairant mon chemin et soulevant le voile
Qui cachait mes yeux meurtris, apeurés partout.
Troublé, blotti près d’elle, tiédissant mon visage,
Elle se consumait sous mon regard innocent.
Je vais m'évader d'elle et rejoindre le rivage.
Suivant la voie de clarté qu’elle ouvre à présent.
Sa courte vie ne peut supporter tel voyage…
Je t’ai abandonnée, bougie, dans la nuit sauvage.
Flowen
Posté le 11.08.2007 par Flowen
Un premier message qui se perdra dans le temps, ma première empreinte ici, début d'une marche que j'espère longue et bienfaitrice, un pélerinage dans lequel je vous convie, par delà mes pensées et les vôtres aussi, un voyage sans fin hors du temps et de nos mondes, un regard nouveau et amusé sur nos vies jamais trop longues, suivez, lecteurs égarés ou éclairés, visiteurs souriants ou déprimés, suivez ce chemin que je trace sans prétention.
Accompagnez moi, je vous prie, dans mes tentatives tantôt vaines, tantôt abouties, de comprendre notre univers visible et invisible, prenez ma main et mes mots... qu'ils allument en chacun d'entre vous autant de flammes vives que de regards portés jusqu'à ces pages.
Appelez moi Flowen, si l'envie vous prends de répondre à mes délires incensés. Appelez moi Flowen si vous comprenez où je vais. Dans cette route que je m'en vais ouvrir moi même, je tâcherai de percer les réalités qui font de notre univers ce qu'il est, par la poésie parfois, par la science d'autres fois, par la surprise souvent, car c'est elle qui éveille véritablement nos esprit et fait briller nos yeux.
Comprendre car c'est ainsi que les Hommes avancent, je le crois. Comprendre car devant nous se tient l'impassible et immortel Temps qui nous rappelle que
Toutes blessent, et la dernière tue...
Vulnerant omnes, ultima necat.